Le paysage entre art et politique

Depuis ces temps lointains où le jardin royal symbolisait le royaume jusqu’à l’actualité de l’image numérique qui, à force de se multiplier, substitue au monde son propre spectacle, les représentations paysagères, aussi artistiques soient-elles, ont toujours conservé un pouvoir mobilisateur qui leur confère une réelle valeur politique. C’est pourquoi le paysage a très tôt fait l’objet de conventions, que relaient désormais les normes édictées par le législateur, la bureaucratie et le marché. Cette puissance politique des représentations paysagères, qui n’est pas sans lien avec leur valeur artistique, n’est en rien diminuée depuis que le paysage, déjà accaparé par le savoir technique, a été élevé au rang d’objet scientifique. On peut même croire que s’est ainsi nouée une nouvelle alliance de l’art et de la politique.

Les textes de huit auteurs québécois et français réunis dans ce volume traitent diversement du paysage, des formes qu’il prend et qu’il a prises, des règles de sa composition et des raisons qui justifieraient sa conservation, sa mise en valeur, son enchantement. Il y est aussi question de ses usages et des fonctions qu’on lui a attribuées, non seulement à l’époque contemporaine, mais aussi dans le passé, proche ou plus lointain. Se pose de plus le problème du lien entre la réalité concrète du paysage, inscrite dans l’espace géographique et ses représentations, ancrées dans l’esprit humain.

Crédit photo ci-haut : Tom Bradnock.

PAQUET, Suzanne et Guy MERCIER (2013). Le paysage entre art et politique. Québec : Presses de l’Université Laval.

https://www.pulaval.com/produit/le-paysage-entre-art-et-politique

 

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Extrait :

Introduction par Suzanne Paquet et Guy Mercier, p.1-11.

Le paysage, entre art et politique
Forme et norme du spectacle du monde

Depuis ces temps lointains où le jardin royal symbolisait le royaume, jusqu’à l’actualité de l’image numérique qui, à force de se multiplier, substitue au monde son propre spectacle, les représentations paysagères, aussi artistiques soient-elles, ont toujours conservé un pouvoir mobilisateur qui leur confère une réelle valeur politique . C’est pourquoi le paysage a très tôt fait l’objet de conventions, que relaient désormais les normes édictées par le législateur, la bureaucratie et le marché . Et cette puissance politique des représentations paysagères, qui n’est pas sans lien avec leur valeur artistique, n’est en rien diminuée depuis que le paysage, déjà accaparé par le savoir technique, a été élevé au rang d’objet scientifique . On peut même croire que s’est ainsi nouée une nouvelle alliance de l’art et de la politique .

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